17 avril 2017

Votez

La civilisation grecque ne nous a pas seulement légué « APOLLON » (dieu mais aussi lieu cher aux Caennais), elle nous a aussi légué la DÉMOCRATIE (dêmos, le peuple et kratos, le pouvoir).



Selon son habitude le Petit Bédouin va se mettre en hibernation durant quelques  semaines pour respecter une réserve républicaine jusqu'à l'élection du 25 ème président de la République.

A l'heure actuelle la plupart d'entre vous savent pour quel candidat ils vont voter, que ce soit un choix par adhésion ou par défaut. LPB vous encourage à assumer ce choix individuel qu'il soit de droite, de gauche ou du centre, hors extrême. Mais malgré les nombreux candidats en lice, plus de 30 % du corps électoral ne souhaite pas participer à ce scrutin refusant de se déplacer pour accomplir ce geste démocratique. La multiplication des scandales politiques, le non respect des engagements, le manque d'écoute ... ont renforcé le sentiment que gauche ou droite, ça ne changera rien et que si ça change, ce sera encore pire. La réduction des espérances dans le changement a eu raison du sens civique d’une partie des Français.

Le Petit Bédouin veut vous encourager à faire vivre notre démocratie et pour cela un acte vous est offert : le vote de chacun des membres de la société. N'oubliez pas chers abstentionnistes que chaque voix est comptée, que ce sont les voix qui s'additionnent qui, ensemble, peuvent faire basculer les choses.


La démocratie, c’est aussi ce travail permanent de participation au débat public, de tentative de convaincre, de défense d'idées ou de valeurs.



A très bientôt ...

15 avril 2017

En passant par Ouistreham

Tonton Bédouin raconte ...

Leurs cheminées noires portant, blanches sur fond rouge (tiens les couleurs de LPB!), les initiales SNC ont rendus familiers à plusieurs générations de Ouistrehamais, les cargos du célèbre armement caennais qui empruntèrent quotidiennement de 1903 jusqu'au début des années 90 les écluses de notre port favori. Nombreux furent aussi ses marins originaires de notre cité ou qui s'y retirèrent la retraite venue. Il n'est donc que justice d'évoquer dans cette rubrique consacrée à ce qui fut l'histoire de Ouistreham, la mémoire de cet armement qui fit tant partie de notre paysage.

La Société Navale Caennaise


C'est en 1903 que plusieurs armateurs caennais, importateurs de bois ou de charbon mirent en commun leurs moyens pour créer une nouvelle compagnie de navigation, Gaston Lamy et  Allainguillaume notamment. Les premiers navires de la SNC furent donc les navires apportés par ces armateurs comme le Chanzy ou l'ActifMais très vite la nouvelle entité confie aux chantiers navals britanniques la construction de nouveaux navires. Ceux-ci porteront désormais, sauf à de rares exceptions, le nom de divinités de la mythologie grecque. C'est ainsi que sortent des chantiers de Sunderland ou de Dundee les Thisbé, Circé et autre Niobé. L'importation de charbon gallois est alors en plein essor ainsi que l'exportation vers l'Angleterre et l'Allemagne de minerai de fer extrait des mines bas-normandes.

Le Chanzy aux couleurs de la SNC au pont de Calix
Il coulera au large de Barfleur en 1908.

Le premier conflit mondial cause la perte de plusieurs bâtiments et le Monument aux morts de Ouistreham porte le nom d'au moins un marin de la SNC disparu en mer en janvier 1918. Nous vous conterons son histoire un jour, c'est promis! A la fin de la guerre, la compagnie ne compte plus que trois navires, l'Astrée, le Circé et le Daphné. 

Un entre-deux-guerres florissant


Gaston Lamy s'attelle à la reconstitution de la flotte de la SNC en commandant de nouveaux navires aux chantiers anglais, puis aux Chantiers Navals Français installés depuis 1917 à Blainville sur Orne et Colombelles (le site est aujourd'hui occupé par Renault-Trucks). La SNC absorbe également l'autre armateur caennais Fernand Bouet et c'est donc avec 16 navires que l'armement aborde le second conflit mondial en 1939.

Marcel L. le grand-père de l'auteur, photographié dans le carré du Thisbé 3 en escale à Barry Docks (Pays de Galles), en août 1935, alors qu'il visitait les mines galloises pour le compte de son patron Louis Allainguillaume.

A l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale


Le conflit portera de durs coups à la Navale. En juin 1940, le Niobé, capitaine Lodehoquitte le port du Havre avec 800 civils fuyant l'avance allemande. Un avion ennemi bombarde le navire qui coule emportant la quasi totalité de ses occupants.


L'article de Ouest-France du 27 novembre 2002 relatant la découverte du Niobé coulé le 11 juin 1940 au large du Havre par un Stuka de la Luftwaffe. Au moins 800 victimes; seuls 11 rescapés , 9 passagers et 2 hommes d'équipage, seront recueillis par un caboteur cherbourgeois, le Cotentin qui les débarqua à Ouistreham pour permettre leur hospitalisation à Caen. Précision navrante, la totalité  de la population d'une maternité du Havre figure au nombre des victimes.

Début juillet 1940, les autorités britanniques saisissent six navires. Les sept autres sont envoyés par la Navale en Méditerranée où ils sont à leur tour confisqués par l'occupant à l'exception du vieux Gallium de 1924 qui servira sous le pavillon des Forces Navales Françaises Libres (et qui ne sera retiré du service qu'en 1959).  En 1945, il ne subsiste que quatre navires en piteux état. L'infatigable Gaston Lamy doit une fois encore s'atteler à la reconstitution de la flotte.

Retour à la prospérité


Dès l'automne 1944, la Navale fait main basse sur un petit pétrolier abandonné par les Allemands dans le port de Caen et le transforme en pinardier affecté à la ligne vers l'Algérie. Elle récupère également deux navires en construction à Rouen et se voit confier la gestion de plusieurs bâtiments comme le Liberty-ship Ouistreham dont nous vous avons conté l'histoire dans une de nos premières rubriques. (cf A voiles et à vapeur).

L'équipage du Liberty ship Ouistreham dans les années 50.

Puis, les commandes de nouveaux navires dans les chantiers canadiens de Québec ou de Vancouver portent l'effectif de la compagnie à 24 navires quand Georges Guillin, le gendre de Gaston Lamy prend les commandes du vaisseau caennais symbolisé par l'inauguration en 1957 du siège social sur ce qu'on appelle aujourd'hui la presqu'île, le superbe "Pavois"oeuvre des architectes Louis et Olivier Süe. C'est aujourd'hui un des rares bâtiments préservés dans ce quartier témoin de l'ancienne prospérité du port de Caen.


Un verre aux armes de la "Navale" publicité symbolique du renouveau de la compagnie pendant les "Trente glorieuses".

Les 24 navires de la compagnie permettent à la SNC, à partir de 1950, de diversifier ses activités, lignes régulières vers l'Afrique du Nord, importation de bois en grumes, exportation de camions Saviem dont la fabrication commence à Blainville en 1956 sur le site des anciens chantiers navals; pinardiers, minéraliers dont le gros Amphiopé de 31 000 tonnes, navires frigorifiques, vraquiers voire même un pétrolier, l'Athéné, voguent désormais sous le pavillon rouge et blanc. 

Un cargo de la "Navale" dans la nouvelle écluse construite en 1963 et qui permet d'accueillir des navires de gros tonnage.

La fin d'une épopée


Les bouleversements économiques des années 70 et 80  n'épargnent pas la Navale même si une expérience de transports de conteneurs avec l'Algérie rencontrera un succès mérité. Une concurrence féroce entre armateurs, des frais liés à la navigation sous pavillon français et une certaine mésentente entre les héritiers de ce groupe familial eurent raison du fleuron de notre port. Rachetée par Bolloré en 1988 et rapidement démantelée, la SNC disparaît du paysage portuaire, les deux derniers cargos le Thésée 4 et l'Hébé 6 étant cédés au début des années 1990. Aujourd'hui ne subsistent de cette belle histoire que des sociétés comme SOGENA ou SOFRINO héritières de feue la Navale...


L'Isée (1951-1962) dans l'ancienne écluse.

Pour aller plus loin


"Navale Caennaise, un siècle et demi d'histoire" : ouvrage édité par les Anciens de la Société Navale Caennaise en 1998.

14 avril 2017

La vérité ... rien que la vérité !

Le courrier d'un lecteur LA VÉRITÉ RIEN QUE LA VÉRITÉ!



"J'ai reçu dans ma boîte aux lettres le flyer intitulé" LA VÉRITÉ N°3 " accompagné d'un tract en faveur de François Fillon. C'est plutôt amusant de constater le rapprochement ! Sans vouloir tailler un costard à François Fillon puisqu'il se les fait offrir, on ne peut pas dire que ce soit le chantre de la vérité. C'est donc de mauvais augure pour le flyer!

Je constate que lorsqu'on lit le texte, il est précisé que: " rien n'a été publié ou ne sera publié par nos soins sans que le contenu de l'information ne puisse être vérifié par quiconque le souhaiterait"Les éléments de contrôle possibles figurent le plus souvent après l'information. C'est plutôt bien. Or que voit-on sur les pages précédentes : il est fait mention d'une rumeur ! En quoi peut-on vérifier une rumeur ? On montre aussi un tableau mais aucune source n'est citée contrairement à ce qui est dit... D'où cela sort-il, on ne le sait pas, c'est un peu dommage. Je ne parle pas de l'argument des voitures ventouses déjà utilisé pour justifier les parkings payants

Ce qui est étonnant c'est cette notion de vérité vue par cette équipe chargée de faire un contre-feu face au Petit Bédouin. Lvérité est une notion objective mais ici tout est subjectif car partisan. Le fait de joindre à la fois le flyer et le tract pro François Fillon en est le parfait exemple. D'autant que le maire s'est déclaré soutien de ce candidat et que parmi les membres de ce groupe il y a des élus de la majorité. De plus, monsieur Pellerin, le président de ce groupe, est un ami personnel de Monsieur Poilpot, actuel maire-adjoint (anciens du stade Malherbe).

Pour terminer, je citerai une phrase de George Orwell dans le journal "The Tribune" daté du 8 décembre 1944: "Chacun cherche à défendre sa "cause" avec un parfait mépris pour la bonne foi ou l'exactitude, et les faits les plus patents sont laissés de côté par ceux qui ne veulent pas les voir". N'est-ce pas ce que fait ce flyer?"