07 décembre 2016

Ouistreham et le déversoir de sédiments

Le Grand Port Maritime de Rouen envisage de déverser des millions de m3 de sédiments au large de la Côte Fleurie pour accueillir, dans le chenal de la Seine, des navires toujours plus imposants. C'est une importante sédimentation naturelle de ce chenal de la Seine, liée pour l’essentiel aux apports d’origine marine, qui oblige le port de Rouen à effectuer régulièrement des dragages d'entretien. Ces sédiments sont ensuite déversés dans la Manche.


Au large de la Côte Fleurie un déversoir de sédiments



Depuis 1977, la Manche, entre le Havre et Ouistreham, sert de déversoir aux sédiments du port de Rouen dans une zone appelée Kannick. (cf. carte ci-dessous). Mais au milieu des années 2000 la Commission européenne a présenté des effets désastreux de ce déversement sur le fonctionnement écologique de l’estuaire de la Seine. Le Grand Port Maritime de Rouen a été sommé de trouver un autre site sachant que celui du Kannick arrive à saturation. 

Après étude, en 2013 une expérimentation d'épandage de sédiments a été faite sur le site du Machu proche de notre littoral. Aujourd’hui, c’est ce site qui a été retenu par le port de Rouen, malgré les réticences de l’Autorité Environnementale du ministère de l’Écologie et du Développement durable, notamment en raison de l’impact négatif sur les plans chimique et microbiologique (rapport du 22 juin 2016). Ce site du Machu devrait donc accueillir, chaque année, 4,5 millions de m3 de sédiments pour au moins 10 ans.

Pour valider ce projet normand, une enquête publique a été ouverte du 14 octobre 2016 au jeudi 17 novembre 2016. Elle concerne 68 communes (40 du Calvados, 18 de Seine-Maritime, 10 de l’Eure). De nombreux élus, des citoyens et des associations se sont positionnés contre l’immersion de ces sédiments notamment les conseils municipaux de Cabourg, Villers-sur-Mer, Blonville-sur-Mer, Merville-Franceville, Dives-sur-Mer, Gonneville-sur-Mer...

La mairie de Blonville-sur-Mer a émis un avis défavorable, lors de son conseil municipal, mardi 15 novembre 2016. Catherine Vincent, maire-adjointe en charge de l’environnement à Villers-sur-Mer, a rappelé dans la presse que d’autres solutions sont possibles : "On est très proche de nos côtes (6 km plus éloignés que le site actuel du Kannik) et d’une zone Natura 2000. Pourquoi est-ce qu’on prend toujours les solutions de facilité, à savoir déverser les poubelles dans la mer » a affirmé l’élue sur France Bleue.

A Trouville on dénonce aussi ce rejet dans la mer comme le montre un article bien documenté de lundi 5 décembre publié dans Ouest France (article de Renaud Toussaint) 



Seul Olivier Colin, conseiller départemental, n’est pas contre ce projet.


 Site actuel du Kannick. 
En bas, le futur site du Machu

Rappelons aussi sur ce sujet que lors de l'examen en première lecture de la proposition de loi pour l'économie bleue, les sénateurs ont interdit le 24 mars 2016 le rejet en mer de boues de dragage polluées à partir du 1er janvier 2020. Ils ont adopté un amendement, défendu par les sénateurs écologistes, qui entend bannir "ces opérations néfastes pour l'environnement" qui conduisent à disperser "des substances polluées, accumulées durant des années, et à rejeter des blocs vaseux qui étouffent des habitats et espèces sous-marines".


Quelle est la position de Ouistreham?


Si nous ne sommes pas des spécialistes de l'environnement nous nous interrogeons comme tout citoyen. Nous pensons qu'une information précise et une prise de position doivent être clairement exprimées par nos édiles. C'est un minimum !

Qu’en est-il donc à Ouistreham ? Pas de conseil municipal prenant position ! Silence impressionnant d’un maire pourtant prompt à s’imposer sur les plateaux télévisés et dans la presse ! Et notre champion des travaux Monsieur Hitier ? Trop occupé par les places de parkings ? 

Aucune information n’a été faite par la mairie sur l’enquête publique qui vient d'être réalisée (sauf peut-être par affichage discret dans la mairie ?). Quelle publicité a été faite au rendez-vous avec un ou plusieurs membres de la commission d'enquête qui recevaient en personne les observations du public pour Ouistreham le mercredi 9 novembre 2016 de 9 h à 12 h à la mairie ? Rien, nada, nothing, nichts... 
(http://www.seine-maritime.gouv.fr/content/download/22657/165460/file/AVIS%20ENQU%C3%8ATE%20PUBLIQUE%20%20MACHU%20.pdf)

Nous voulons, nous, citoyens de la commune, savoir si les élus ont pris position ? Et laquelle ? Rendre compte est un devoir du maire mais nous savons déjà que les risques sont loin d'être une préoccupation pour lui. Et vous Madame Borner de EELV (Europe Écologie-Les verts), quel est votre avis ? Pour ? Contre ? ... Silence ! Et vous Monsieur Bouillet qui vous occupez des pêcheurs, avez-vous discuté avec eux des pollutions possibles sur le poisson et la coquille saint-jacques, des conséquences sur la biodiversité plus généralement? Avez-vous pris connaissance des études sur le sujet ? Connaissez-vous les risques de pollution apportée par ces boues épandues ? On imagine que "ce projet risque d'avoir de fortes incidences sur la santé, l'environnement et plus spécifiquement la biodiversité" disent certains élus (article ci-dessus) mais à Ouistreham on est au-dessus de ces problèmes ! Messieurs les élus recentrez-vous sur la commune, abandonnez vos stratégies invasives sur Lion sur mer par exemple... 



Les risques de pollution de la ressource alimentaire (poissons et coquillages) et le risque majeur de souillure des plages du littoral ne sont utopiques. En effet, les dépôts en mer laissent une forte proportion de matières en suspension brassées par les courants marins qui sont redoutables à marée descendante sur notre côte.


Une étude, en partie financée par l'agence de l'eau Seine-Normandie, a déjà révélé l'exposition «alarmante» des dauphins, qui évoluent dans la mer de la Manche, à des substances toxiques. Les concentrations en polychlorobiphényles (PCB) et en mercure seraient très importantes. A l'heure de l’ouverture du gisement de la coquille st Jacques de la Baie de Seine on va finir par se poser la question de leur qualité ! 


Nous les citoyens de Ouistreham nous exigeons une information de nos élus ! Nos voulons savoir quelle a été la position de nos élus dans cette enquête publique.

« Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale...» (article L.2141-1 du Code général des collectivités territoriales (CGCT))


Pour en savoir plus  








05 décembre 2016

Fonctionnairophobie ambiante !

Mercredi 30 novembre, nombreux sont les Ouistrehamais partant au travail qui ont été surpris de voir un déploiement sans précédent de services publics en tous genres. Motards, véhicules de la Gendarmerie Nationale, équipes mobiles du SAMUR, pompiers et … et autres fonctionnaires appartenant à des corps d’élite dont « Le Petit Bédouin » taira le service d’origine ! Non non n’insistez pas, nous sommes pour le maintien de l’anonymat de ces fonctionnaires !

Certains esprits perturbés ont rêvé que l’on venait exfiltrer leur édile ! Tout comme 70 ans plus tôt des incrédules ont vu à l’horizon une magnifique armada et se sont mis à imaginer que ces loyaux fonctionnaires venaient les délivrer du joug du maire et de ses acolytes ! Ouistreham martyrisé, Ouistreham terrorisé, mais Ouistreham libéré ! Et bien non doux rêveur (retourne au lit Gérard !) ce déploiement n’était pas pour déloger le maire car il ne serait pas nécessaire d’engager autant de moyens ! Juste une volonté collective et courageuse de quelques élus comme à Lion sur mer !




En réalité ce déploiement était simplement un exercice sous commandement direct de la Préfecture dans le cadre d’une simulation d’attaque terroriste sur un ferry. Pour ceux qui ont lu trop vite ce message, nous rappelons que cet exercice était sous le commandement direct de la Préfecture ! Nous le répétons, car notre édile en manque de reconnaissance, est capable de revendiquer le rôle majeur de  « Maréchal en chef local » pilotant l'exercice.


Ouistreham théâtre d’un exercice anti-terroriste ! Bravo à vous Mesdames et Messieurs d'avoir participé à cette opération, même si nous espérons tous fermement que cela ne serve à rien. Pour ceux qui ne le sauraient pas... l'exercice a été fait par des fonctionnaires ! Eh oui... ils servent à cela aussi... nous protéger ! Réfléchissez bien avant de les décrier, de les trouver trop nombreux, trop ..., trop ... comme on vient de l'entendre si fréquemment dans des discours démagogiques !

03 décembre 2016

Une politique pro-familiale encore écornée

Tout Ouistrehamais qui se respecte est bien conscient que la « famille » constitue l'une des préoccupations majeures de l'équipe municipale actuelle. Monsieur le Maire de Ouistreham-Riva-Bellllllla et ses conseillers en ont fait une priorité et n'ont de cesse d'œuvrer au quotidien pour rendre notre ville attractive et la vie des familles meilleure. L'intention est louable, l'avenir s'obscurcissant au niveau démographique : les familles avec jeunes enfants commencent à faire défaut dans la cité bédouine... (cf motre article du 29/11/2016 : Lien)



Ouest-France, 31 août 2016


Pourtant, à bien y regarder, on est en droit de se demander si la politique familiale menée par la majorité concourt vraiment à rendre la ville attirante pour un couple avec enfant(s) désirant s'y installer… Penchons-nous sur un élément du quotidien révélateur et important pour une famille : la garderie péri-scolaire.

L'honnêteté oblige à préciser d'emblée que la gestion de la garderie scolaire n'incombe pas à la municipalité mais à l'association « Anim' Jeunes ». L'honnêteté oblige aussi à rappeler que l'association en question a vu la subvention municipale qui lui est accordée chaque année amputée de 40 000 € pour l'exercice 2016. L'information est d'importance, elle explique en partie le pourquoi de ce qui va suivre.

Les prix flambent à la garderie


Car pour l'année scolaire 2016-2017, les règles ont fondamentalement changé pour ce qui est du fonctionnement ET surtout des tarifs de la garderie péri-scolaire. Passons sur le fonctionnement – les horaires demeurent inchangés, mais un système d'inscription préalable, pour gérer l'organisation au plus près et éviter les abus, a été mis en place, ce qui est tout à fait compréhensible – car le problème est ailleurs. Et il est double : ont changé le mode de facturation – à présent moins souple et moins juste – ainsi que les tarifs – ils ont subi une augmentation conséquente.

Pour bien comprendre la mutation opérée, rien de tel qu'un exemple, tableaux à l'appui.
 

  • Le règlement de la garderie péri-scolaire pour l'année scolaire 2015-2016 



Auparavant (jusqu'à l'année scolaire 2015-2016), la facturation se faisait à la demi-heure près – hormis la première heure indivisible de la garderie du soir et les tarifs étaient les mêmes pour les temps du matin et du soir. Si donc, avec un quotient familial compris entre 641 et 1100, on laissait ses deux enfants à la garderie à 8h15 (soit 30 min jusqu'à 8h45) et le soir de 16h30 à 18h (soit 1h30), on payait 2 x 0,75 € + 2 x 2,25 €, soit 6 € en tout.
  • Le règlement de la garderie péri-scolaire pour l'année scolaire 2016-2017 


Depuis cette année, pour un même quotient familial et un même laps de temps passé à la garderie, il nous en coûtera 2 x 2 € le matin et 2 x 3,50 € le soir, soit 11 € en tout. La différence d'une année à l'autre est donc de taille, 5 € par jour, tout de même, et s'explique par la mise en place lors de la dernière rentrée scolaire, d'un mode de facturation imposant un tarif forfaitaire ne prenant pas en compte le temps réel que chaque enfant passe au sein de la structure. Ainsi, qu'il ou elle reste un quart d'heure ou une heure le matin (ou bien un quart d'heure ou deux heures le soir) à la garderie ne change plus rien au montant de la facture reçue par les parents. Et encore, la différence n'est de 5 € qu'à la condition d'avoir pré-inscrit nos enfants, sans quoi la facture s'élèvera à 2 x 3,50 € + 2 x 4,50 €, soit la modique somme de… 16 € ! Force est toutefois d'admettre que pour les parents qui laissent leurs enfants sur la totalité du temps d'ouverture de la garderie, l'augmentation est minime : ce sont les familles qui bénéficient le moins longtemps de la structure qui sont les plus impactées. Pas étonnant, dès lors, que certaines familles aient opté pour le bus ou le pédibus… qui, eux, restent pour le moment gratuits – pour combien de temps encore ?

Des tarifs peu attractifs

 

Par ailleurs, à titre de comparaison et toujours pas souci d'honnêteté, nous nous sommes livrés à une « étude » comparative avec le coût des garderies péri-scolaires de quelques communes des alentours. On s'aperçoit que les tarifs proposés par « Anim' Jeunes » ne sont pas « excessifs » mais demeurent cependant plutôt loin d'être « attrayants »…



Les chiffres présents dans ce tableau sont ceux trouvés sur les sites officiels des communes citées

Vous l'aurez compris, cet article ne se veut pas incriminant à l'égard d'« Anim' Jeunes » – même si les choix qu'elle a effectués ont mené à une augmentation souvent drastique des tarifs de la garderie péri-scolaire. Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'une association et qu'elle doit composer avec les coupes sombres opérées dans son budget par l'équipe municipale. On se souvient que cet été, l'association avait même dû envisager de fermer son Centre de Loisirs en août pour faire réagir notre Maire et ses ouailles… qui ont, encore une fois, pu se poser en « sauveurs » en accordant une rallonge budgétaire in extremis. Non, encore une fois, il s'agit bien de mettre en exergue les choix calamiteux d'une équipe municipale qui, alors qu'elle prétend œuvrer en faveur des familles, alourdit potentiellement, au fil de sa mandature, l'addition que doit régler chaque famille dont les enfants sont scolarisés à l'école publique.


« La famille (…) est une valeur
que nous défendons, (…) elle nous tient à coeur. 
»


Romain Bail – Conseil Municipal du 1er juin 2015